Les centrales nucléaires


Mis à jour le 03 Septembre 2010 ajouter aux favoris suggérer à un ami imprimer

Les 19 centrales nucléaires actuellement en fonctionnement en France ont été globalement construites sur le même mode. Tous leurs réacteurs utilisent la même technologie, dans laquelle de l’eau sous pression sert à transporter la chaleur produite par les réactions nucléaires.

Principaux organes d'une centrale nucléaire REP (Réacteur à eau pressurisée) Principaux organes d'une centrale nucléaire REP (Réacteur à eau pressurisée)
 

Cette standardisation du parc électronucléaire a permis à EDF ainsi qu’à l’ASN d’accumuler une solide expérience du fonctionnement des réacteurs à eau sous pression. En France, les 19 centrales nucléaires totalisent en effet 1300 ans de fonctionnement. Mais cette situation présente aussi un inconvénient. Si un défaut de conception fondamental apparaît sur l’une des installations, les autres peuvent être potentiellement concernées.

Les centrales nucléaires regroupent un total de 58 réacteurs dont 34 produisent chacun une puissance électrique de 900 MégaWatt (MWe). A cela s’ajoutent 20 réacteurs de 1300 MWe, tandis que les quatre derniers délivrent 1450 MWe. Actuellement, ces installations produisent près de 80% de l’électricité produite en France.

Six familles de réacteurs

Certaines nouveautés technologiques ont été introduites sur les réacteurs à mesure que le parc des centrales nucléaires s’étoffait. Les installations appartiennent ainsi à six familles, appelées « paliers », qui diffèrent par certains aspects.

Cliquez sur un site géographique pour en connaitre le détail

 

On distingue ainsi les paliers :

  1. CP0 : six réacteurs de 900 MWe au Bugey et à Fessenheim ; ce sont les premiers réacteurs mis en service encore en activité ;
  2. CPY : vingt huit réacteurs de 900MWe au Blayais, à Chinon, à Cruas-Meysse, à Dampierre-en-Burly, à Gravelines, à Saint-Laurent-des-Eaux et au Tricastin ;
  3. P4 : huit réacteurs de 1300 MWe à Flamanville, Paluel et Saint-Alban ;
  4. P’4 : douze réacteurs de 1300 MWe à Belleville, Cattenom, Golfech, Nogent-sur-Seine et Penly ;
  5. N4 : quatre réacteurs de 1450 MWe à Chooz et Civaux ;
  6. EPR : un réacteur de 1600MWe en construction à Flamanville.

Par exemple, les réacteurs des paliers P4 et P’4 se différencient de ceux du palier précédent, dit CPY, par le doublement de leur enceinte de confinement. Il s’agit d’une enveloppe en béton destinée à empêcher les dégagements de matière radioactive dans l’environnement en cas d’accident grave. Elle est constituée d’une double paroi en béton sur les réacteurs des paliers P4 et P4’ au lieu d’une seule paroi doublée d’une peau d’étanchéité en acier pour les réacteurs précédents du palier CPY.

Autre exemple : pour leur pilotage (on parle de « conduite »), les réacteurs du palier N4 font davantage appel à lla technologie numérique qu’auparavant. La conception des générateurs de vapeur de ces paliers est également différente, permettant de les rendre plus compacts.

L’ASN s’assure de la conformité technique des installations et des activités. Mais son champ d’action s’est élargi. Aujourd’hui, le contrôle englobe également les facteurs organisationnels et humains : il prend en compte les comportements individuels et collectifs et le management, par exemple. Il prend également en compte les aspects environnementaux ainsi que la radioprotection et la sécurité des travailleurs.

L’ASN dispose de deux directions opérationnelles dédiées, la direction des centrales nucléaires et la direction des équipements sous pression nucléaires. Celles-ci s’appuient sur une équipe d’inspecteurs affectés au contrôle des installations nucléaires productrices d’électricité. En 2008, 494 inspections – dont 108 inopinées - ont concerné des réacteurs nucléaires d’EDF. Cela représente 62 % de l’ensemble des inspections réalisées par les inspecteurs de l’ASN (les autres concernent des réacteurs de recherche, par exemple).