Rapport de l'ASN 2020

ces ESR montre des défaillances organisationnelles et techniques, rappelant l’importance de la culture de radioprotection. La maîtrise de dispositifs de haute technologie reste délicate, d’une part pour leur prise en main, d’autre part lors de l’implémentation de nouvelles procédures. Des temps de formation adéquats sont indispensables pour leur appropriation par les équipes et ainsi éviter un mauvais paramétrage des logiciels, et une standardisation des procédures permettrait de réduire le risque de transmission de données erronées. Anticiper et accompagner les innovations technologiques dans le domaine médical Pour anticiper l’élargissement des indications théra‑ peutiques de médicaments radiopharmaceutiques marqués avec du lutétium-177 et l’augmentation du nombre de patients qui en bénéficieraient en France, l’ASN avait saisi le Groupe permanent d’experts en radio‑ protection pour les applications médicales et médico‑ légales des rayonnements ionisants, placé auprès d’elle, pour actualiser les conditions de détention et d’adminis‑ tration de ces médicaments par les services de méde‑ cine nucléaire. Cette démarche d’anticipation, menée en concertation avec les parties prenantes (dont la Société française de médecine nucléaire) et l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé a permis en 2020 la diffusion et l’accès sur tout le territoire à cette classe de médicaments tout en assurant de bonnes conditions de radioprotection pour les patients, les pro‑ fessionnels concernés et l’environnement (gestion des effluents contaminés). De la préparation du post‑accidentel au développement d’une culture de précaution Par une lettre en date du 18 juin 2020, le Premier ministre a donné mandat à l’ASN de poursuivre, pour une durée de 5 ans, le pilotage des travaux du Comité directeur pour la gestion de la phase post- accidentelle d’un accident nucléaire (Codirpa). Ainsi le Codirpa, après s’être principalement intéressé aux conséquences d’un accident affectant une cen‑ trale nucléaire, traitera des cas d’accident entraînant des rejets radioactifs en milieu marin ainsi que des accidents pouvant conduire à des rejets de radionucléi‑ des émetteurs alpha, qui nécessitent une gestion adap‑ tée. De plus, le Codirpa, en tirant les enseignements des situations de crise, étendra son action af in de contri‑ buer au développement d’une culture de radioprotec‑ tion. Cette culture exige une association renforcée des acteurs territoriaux et de la population vivant à proxi‑ mité des installations nucléaires, à la préparation des plans d’intervention, aux exercices et à la gestion de crise. L’ASN estime que le retour d’expérience de la crise sani‑ taire et les travaux du Codirpa, avec l’appui de relais locaux, constitueront des éléments clés pour faire pro‑ gresser une culture de précaution. Le maintien des relations internationales assuré dans des formats adaptés L’ASN a maintenu en 2020 ses actions de coopération internationale dans des formats adaptés. Après l’an‑ nulation ou le report sine die de toutes les grandes manifestations internationales au printemps 2020, des échanges se sont instaurés selon des formats vir‑ tuels, notamment pour partager les enseignements de la gestion de la crise sanitaire. Ces reports ont cepen‑ dant pu conduire, à titre exceptionnel, à ne pas être en mesure de respecter pleinement certaines obligations. Tel fut le cas de la revue par les pairs, prévue tous les 3 ans par la Convention sur la sûreté nucléaire, menée sous l’égide de l’AIEA. Bien que la situation actuelle contraigne fortement les échanges, notamment infor‑ mels, qui représentent une part très riche de la coopé‑ ration internationale, le lien parvient à être maintenu grâce aux dynamiques pré‑existantes et l’implication de l’ASN dans les événements qui s’organisent à distance. • Rapport de l’ASN sur l’état de la sûreté nucléaire et de la radioprotection en France en 2020 7 ÉDITORIAL DU COLLÈGE

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